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Dans la ville

Montrouge : élections, « piège à cons », divisions ?

On a assisté sur Montrouge depuis le début de cette campagne 2020 à une division de la « la gauche » comme de la « droite » et aucune cohésion indépendante que nous suggérions face aux partis ; « nous » quelques montrougien·nes résolument et obstinément engagé·es pour une réelle démocratie locale.

Préambule

Être démocrate n’empêche pas d’avoir ses opinions. Bien au contraire ! C’est la confrontation des opinions sur des sujets précis, et non sur des personnes, qui permettrait au bon sens citoyen de décider.

Avec à la clef beaucoup d’économie, une équité, un sens civique retrouvé développant la solidarité, de vrais services utiles à la population et suggérés par elle-même, la capacité de se loger même quand sa famille s’accroît ou suite à des accidents de la vie, une résilience, un début d’autonomie alimentaire, une implication importante dans les enjeux climatiques et d’accueil, une mobilité respectueuse de toutes et tous, une prise en compte des minorités…

Quittons un instant cet idéal bien moins utopique qu’espérer la continuité de nos fonctionnements actuels ! Les « bisounours » ne sont vraiment pas ceux ou celles que l’on désigne ainsi habituellement !

Je vais tenter ci-dessous d’être le plus factuel possible.

D’où je vous parle pourrait être votre première interrogation bien compréhensible !

Alors très rapidement, mais en restant ouvert à toute question, je suis une personne très engagée dans la vie montrougienne menant et ayant mené beaucoup de combats variés, locaux principalement avec une certaine efficacité face au poids lourd des institutions, et quelques actions plus globales.

J’ai pris des responsabilités politiques chez EELV pendant 3 ans : locales, départementales et même nationales et « avec Eva Joly » en 2012. Après cet apprentissage j’ai compris que les partis ne pouvaient en aucun cas promouvoir la démocratie car un tel fonctionnement annihile leurs objectifs de pouvoir, leur raison d’être.

En 2014 pour Montrouge puis dans le cadre de la « contre-élection européenne » j’ai rejoins un mouvement éphémère « Démocratie Réelle ». Depuis, beaucoup de mouvement dans cette optique ont existé et se développent (La Belle Démocratie, Ma Voix, Nos-Communes, Culture-Ric, M1D, Article3.fr, Clic-ric.org…) et des expériences concrètes sont mises en œuvre dans différents territoires. La plus ancienne, remarquable, a lieu en Suisse depuis 1294 dans le canton de Glaris !

Sur Montrouge, au-delà de la promotion de la démocratie locale aussi ici, de la LDH… je reste fier de plusieurs actions en cours et historiques et plus encore de deux réussites importantes et chronophages pour un bénévole :

– une aide quotidienne aux institutrices pour toutes les classes de maternelles de Montrouge (ATSEM), moyennes et grandes sections dans toutes les écoles depuis la rentrée 2011 ;

– la création et l’animation du Schmilblick, Café Culturel et Solidaire de Montrouge de 2015 à 2018.

Ainsi sans détailler davantage, je vous assure bien connaître Montrouge depuis 20 ans et connaître plus ou moins les têtes de liste se présentant à vous le 15 mars 2020 pour vous en dresser des portraits rapides.

J’évoque ici les têtes de liste car en fin de compte d’après leur propre logique, leur propre campagne et en conformité avec les institutions de la 5ème République qu’elles plébiscitent, ce sont elles qui finalement décideront. Et pour celle qui se distingue en évoquant une 6ème République elle me fait penser à Mitterrand critiquant fortement la 5ème jusqu’à son élection, puis sans en changer une lettre pendant 14 ans !

Les programmes et promesses se ressemblent beaucoup, et ceux qui se distinguent préparent en réalité d’autres élections, sans rechercher ni la démocratie locale, ni une cohésion citoyenne.

La raison est logique, il en va de la défense de leur « marque », de leur « boutique », du financement de leur parti, de leurs « grands électeurs » !

Enfin pour être transparent quand à mes intentions, ma connaissance de ces milieux politiciens locaux ne peut qu’appuyer mon intention de m’abstenir volontairement pour ces nouvelles élections.

Voici donc les « forces en présence » ! La liste des candidatures officielles à Montrouge (le dépôt est clos depuis le 27 février).

D’un côté les représentant⋅es du système actuel

Les deux premières ci-dessous étant actuellement les seules pouvant concrètement accéder à la gestion de notre ville. La première ayant une probabilité de « gagner » très importante.

Trois listes se présenteront après avoir toute sollicité le soutien de la REM (République En Marche) !!! Un large choix donc dans cette catégorie !

  1. La première citée ici est la super « gagnante » pour avoir obtenue le soutien de la REM : « MONTROUGE ENSEMBLE ».
    • C’est la liste du maire sortant, Étienne Lengereau décrié particulièrement pour sa gestion du stationnement, la méthode et le coût des Allées Jean Jaurès avec des dizaines de platanes supprimés, son peu de considération pour le rôle social de la mairie, l’opacité sur les dossiers, entre autres.
      • En trois ans c’est pas mal. Il assume à sa façon et avec entrain les dossiers laissés par son prédécesseur !
    • Un maire donc très classique, de droite, autocratique, dans la lignée de M. Metton, notre dernier maire, qui l’a mis en place en démissionnant en cours de mandat (de la même façon que lui-même avait été mis en fonction par M. Ginoux à Montrouge 24 ans plus tôt). Notre ancien maire le soutient malgré leurs désaccords, c’est la logique des partis voir plus clairement ici la logique des affaires politiques… je subodore !
    • Petites différences : il est beaucoup moins sociable dès qu’il est remis en question, beaucoup plus dans le Greenwashing alors que M. Metton assumait son immobilisme écologique. Il est aussi dans le « vélowashing » passant à côté des propositions et réalisations sérieuses. Il entend de la même façon mais donne beaucoup moins l’impression d’écouter (par exemple la permanence à la mairie pour recevoir les administré·es n’est plus assurée, « le social c’est pas l’affaire de la Mairie »…) !
    • J’aime à comparer Metton ou Henri Ginoux à Chirac – je vous écoute cordialement et fait ce que j’avais décidé – et Lengereau à Macron – je suis arrogant quand je rencontre une opposition – pour clarifier, synthétiser.
    • Il cumule son rôle de Maire avec des fonctions privées de dirigeant au sein du groupe La Poste. On ne s’inquiète d’ailleurs pas du devenir de M. Lengereau dans les affaires politiques ou dans le privé, au Crédit Agricole ou dans une de ses filiales possiblement ! Il faudra suivre sa carrière juste par curiosité et sans étonnement, on est au cœur du système. Pour Montrouge 2020-2026 il nous assure d’un mi-temps à la Mairie, pour un salaire de 4.300 € s’il vous plaît, nous n’avons pas les mêmes valeurs !
    • Enfin il est impossible de ne pas évoquer son soutien à un membre du MNR (mouvement créé par Bruno Mégret dissident du FN) en 2008 à Bergerac.
  1. La seconde se nomme « DEMAIN MONTROUGE » et est menée par Juliette Méadel
    • Secrétaire d’État du gouvernement Hollande, porte parole du PS (2014-2016) elle soutient Manuel Valls avant sa défaite aux primaire PS de 2017 et appelle publiquement à voter Macron pour le 1er tour de l’élection présidentielle. Elle est exclue du PS en 2018.
    • Récente montrougienne elle fait une campagne très active localement, avec une équipe très efficace en communication épaulée par des professionnels à n’en pas douter.
    • Elle s’approprie les sujets classiques de l’opposition et des citoyen⋅nes. Il y a néanmoins un côté un peu ridicule dans cette communication qui se veut enjouée et bienveillante (le mot à la mode) : par exemple la participation des enfants des candidat·es, des joggings militants , une liste principalement composée de cadres supérieur·es.
    • Cette liste est composée de quelques personnes engagées mais aussi de vrai·es bobos en totale contradiction avec les principes qu’ils et elles évoquent ; ça promet !
    • Mme Méadel semble tout ce qu’il y a de plus classique, fidèle au système actuel. Certain·es la compareraient à Ségolène Royale pour aller vite, mais Madame Thatcher semblerait plus proche de son idéal au vu de ses précédents engagements politiciens.
    • Idéale sûrement pour les personnes ne démordant pas de la personnalisation en politique elle incarne à mon sens l’alternance dans la continuité ! Et dans cette perspective elle conserve une petite chance au vu de l’électorat montrougien.
  1. La troisième « liste système » sans aucune capacité d’adhésion populaire est représentée par Boris Gillet : « J’AIME MONTROUGE ».
    • Cette tête de liste, ancien MODEM, élu en 2014 au conseil municipal, a aussi demandé sans succès le soutien de la REM.
    • Il joue sa carte toujours très personnellement, ne supportant pas de se ranger derrière quelqu’un d’autre. Il veut être vu et attend obstinément son heure qui n’arrivera certainement jamais. Peu lui importe sûrement, ça lui ouvre d’autres portes.
    • Ça ne sera donc en tout cas pas pour cette fois. À l’évidence il vise une négociation au second tour pour se maintenir dans un strapontin et continuer à se croire important. Il a des idées souvent loufoques pour Montrouge et c’est un spécialiste de la récupération de mouvement civil sans ni les instiguer, ni les soutenir efficacement voir concrètement. Beaucoup de parole et peu d’action en somme.
    • Après des tentatives d’alliance tout azimut, il abandonne à la dernière minute celle conclue avec les dirigeant·es du COMECS et du CAPAJ (que nous retrouverons ci-dessous) pour des divergences sur le nombre de maires adjoints selon ses dires.

 

En second lieu d’autres représentant⋅es du système qui voudraient juste l’adapter à leurs priorités ou leur idéologie.

Ils et elles n’ont aucune chance et le savent mais veulent figurer et avoir possiblement un ou deux sièges municipaux. Leur objectif est principalement de continuer d’exister, de financer leur parti.

  1. Une liste PS, PC, Génération écologie, Place Publique « MONTROUGE MERITE MIEUX » : ici un PS très classique avec Joaquim Timoteo, qui comme son prédécesseur Wilfrid Vincent, tente inlassablement de percer.
    • Sans plus de succès escompté il privilégie sa présence comme tête de liste.
    • Actif concrètement très ponctuellement pour les montrougien·nes, Timoteo comme d’autres tente de récupérer des mouvements civils spontanés. Par exemple membre de la commission municipale pour les Allées Jean Jaurès, M. Timoteo n’a réagit activement que bien après qu’un collectif se soit spontanément fortement manifesté. Et hop il a ainsi amorcé sa campagne pour 2020 sur ce thème, sans aucune capacité de bloquer cette ineptie environnementale !
    • Le Parti Communiste très peu actif localement mais avec des « inscrit·es » vise pour sa part le maintien d’un élu au moins au Conseil Municipal !
  1. Une liste LFI, EELV, GénérationS, Nouvel R « MONTROUGE ÉCOLOGIQUE ET SOLIDAIRE » représentée par Aurélien Saintoul actif sur des actions nationales (Front de Gauche, Parti de Gauche, LFI) mais pas du tout localement !
    • Devant le refus des quelques mililtant⋅es locaux à rejoindre une des listes citées ci-dessus il a de ses dires mêmes (qu’il réfute) comme objectifs principaux les élections présidentielles, sénatoriales… Un partisan et politicien qui prépare donc 2022 et les élections intermédiaires en cherchant à avoir des grands électeurs (des élu⋅es).
    • Cette stratégie se fait au mépris d’une démocratie concrète et des intérêts locaux, en divisant.
    • EELV Montrouge que je connaissais bien pour l’avoir sorti de ses cendres en 2011 et en avoir été responsable local pendant deux ans, avant et pendant la campagne d’Eva Joly, s’est à nouveau disloqué.
      • Inexistant depuis 2013 avec à nouveau seulement 3-4 militant⋅es vaguement actifs,
      • Un dissident du PS a tenté d’en récupérer les miettes après les scores des européennes. Ce dernier soutient l’équipe de Timothéo (PS).
      • L’élue à Montrouge, Carmelina De Pablo, rejoint la majorité de M. Lengereau, accompagnée par le toujours unique représentant du PRG localement Paul-André Mouly ;
      • Patrick Chotard second local historique du parti (à être resté!) après avoir poussé l’alliance avec le PS aux municipales de 2014, s’attache à la liste Demain Montrouge (Méadel) et pourra toujours vous dire à court d’argument qu’il n’est tout simplement pas de votre avis !
      • Ces deux derniers ex (pour l’instant) d’EELV étaient les moins investis dans les dossiers quand j’animais ce groupe (3 personnes à mon arrivée, 17 à mon départ, rapidement 3-4 par la suite).
  2. Une liste POID menée par Philippe Geoffre « POUR LA REMUNICIPALISATION DU STATIONNEMENT, POUR LA DEFENSE ET LA RECONQUETE DES SERVICES PUBLICS ET DU LOGEMENT SOCIAL »
    • POID (Parti Ouvrier Indépendant + « D » pour démocratie, issu d’une scission interne avec le POI) ne semble pas plus que les autres partis savoir ce que signifie et implique concrètement des fonctionnements démocratiques. Plus vraisemblablement chaque parti connaissant la signification étymologique de ce terme la rejette pour pouvoir exister en cherchant à imposer une pseudo-idéologie.
    • Il faut reconnaître au POID la particularité vis à vis des autres listes d’être présent régulièrement au marché de la rue Victor Hugo pour défendre le service public.
    • Ce parti ne cherche toutefois aucunement une cohésion réelle locale.
  1. Une liste « POUR MONTROUGE UNE LISTE VRAIMENT CITOYENNE » menée par Marie-Catherine Baldet Arrenghi et Thomas Cruse qui engagent en leur nom deux collectifs, devenus associations.
    • Si ces deux têtes de liste se sont concrètement engagées récemment sur des dossiers montrougiens, avec un réel travail de fond, elles sont toutes les deux autocratiques dans leurs fonctionnements concrets et incapables d’animer un débat démocratique, et donc logiquement de rassembler.
    • Critiquant haut et fort (à raison) la non prise en considération des volontés citoyennes par le Maire, elles agissent de même en bloquant la liberté d’expression au sein des deux collectifs qu’elles ont accaparé.
    • Se déclarant « non politique » elles ont recherché toutes les alliances possibles avec des partis politiques, pour profiter de leur logos et surtout de leurs électrices et électeurs. Finalement sans succès sauf avec M. Gillet (lui-même n’ayant pas obtenu l’investiture de la REM) ; les egos de ces trois personnes se sont finalement séparés pour pouvoir exister individuellement !
    • Nous sommes ici en présence de deux futur·es politicien·nes qui s’ignorent, avec l’un ayant déjà tenté tout récemment de récupérer EELV localement, sans y parvenir, après s’être auto-proclamé tête de liste dès août 2019 ! Il laisse la place à sa comparse étant maintenant lui-même trop connu dans ces façons de faire pour rassembler !
    • Mais qui se ressemble s’assemble et Mme Arrenghi fait peur dès qu’on la connaît un peu mieux ; elle sait parfaitement évincer en jugeant les autres trop clivant ou trop politique, l’étant finalement elle-même jusqu’au bout des ongles !

Voilà donc les sept listes au départ !

Certaines, certains, un grand nombre possiblement non majoritaire, vont se rendre dans les isoloirs pour accomplir ce qu’ils et elles considèrent comme un devoir citoyen.

Remettre ainsi les clefs du coffre fort des taxes et subventions locales à un·e de ses élu·es me semble totalement irresponsable économiquement, climatiquement, pour la sécurité alimentaire et le bien être du plus grand nombre… !

La plupart pense qu’on ne peut rien faire, même localement, car le plus grand nombre ne veut rien faire… tant que certaines limites ne sont pas dépassées.

Alors pourquoi les politicien·nes ne continueraient-ils et elles pas de mépriser, de profiter, d’imposer, de poursuivre un système en cours d’effondrement… jusqu’à ce que cela devienne concrètement insupportable ?

Je ne peux qu’être triste de n’avoir trouvé suffisamment d’énergies locales pour partager le travail nécessaire à la candidature et au fonctionnement d’une démocratie locale pour 2020-2026. L’effet de levier qu’apporte le poids d’une Mairie, ses locaux, ses capacités d’investissement pour le plus grand nombre, étant considérable.

Nous avons considéré inutile de rassembler 45 noms pour figurer dans ces divisions en 2020 sans un appui concret et massif des montrougien·nes.

Pour ces élections je vous recommande de vous abstenir, ou peut-être exceptionnellement à cause du corona-virus de vous déplacer pour signifier sans équivoque que vous ne vous reconnaissez dans aucune de ces propositions de gestion pyramidale. Le vote blanc validant la forme élective de nos institutions vous avez aussi la possibilité de signifier de façon synthétique votre désaccord sur le procès verbal présent dans chaque bureau. En cas de soucis, de refus par le ou la présidente d’un bureau de vote de votre capacité d’écrire sur ce PV, vous pouvez me contacter au 06.06.60.17.17 afin de faire valoir votre droit.

Enfin voici des estimations de votes pour le premier tour à Montrouge.

Estimations très subjectives car basées sur un ressenti sans aucun sondage d’opinion, et sans considération de l’abstention en générale (estimation locale 50%) et plus particulièrement de celle des plus âgées liées à la recommandation aux plus de 70 ans de ne pas se déplacer à cause du coronavirus!

– Lengereau : 34 %

– Méadel : 26 %

– Timotéo : 15,5 %

– Saintoul : 12,5 %

– Gillet : 5 %

– Arrenghi : 4,5 %

Geoffre : 2,5 %

 

Chacun·e a bien naturellement la faculté de commenter cet article.

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2 réponses sur « Montrouge : élections, « piège à cons », divisions ? »

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