Démocratie

! Les bons, les brutes et les truands : la démocratie, la monarchie et l’oligarchie !

La notion de  démocratie inculquée en fin de primaire ou début du collège, puis par la suite (notamment via les médias) reste très étonnante par rapport au sens réel du terme. Et ce fait n’est pas anodin, nous le verrons au cours de cet article.

Comme nous le ferions pour comprendre tout autre terme un peu complexe étudions rapidement l’étymologie de ce terme et en même temps le sens des mots définissant les deux autres formes de gouvernance.

Les grecs répertoriaient les systèmes politiques en trois grandes familles.
  • Mono (origine grec : monos) = seul / monocoque, monocycle, mais aussi monopole, monoculture et monarchie.
  • Oligo (origine grec : oligos) = en petite quantité, en petit nombre / oligo-éléments, mais aussi oligopole et oligarchie.
  • Demo (origine grec : dèmos) =  peuple, pas extension personnelle le plus grand nombre/ démographie et démocratie.

Ceci semble pertinent. Trouvez un système politique n’entrant pas dans une ou plusieurs de ces trois familles ! C’est pas facile à priori.

Alors à votre avis dans quel système politique sommes-nous aujourd’hui ?

Sommairement et en ce qui concerne la France nous avions retenu que la monarchie s’était arrêtée avec la révolution en 1789 pour être remplacée par la démocratie (bon ok, un peu après… puisque Napoléon fut à n’en pas douter un monarque, auquel succéda encore quelques rois). Et bien cela ne semble pas être vrai !

L’origine de notre constitution fut par contre élaborée lors de cette révolution, ceci pourrait expliquer pourquoi cette constitution pose quelques problèmes pour appliquer une réelle démocratie.

Quel était l’état d’esprit des rédacteurs de la constitution à l’époque ? Et que pensaient-ils de la démocratie ?

L’abbé Emmanuel-Joseph Sieyès en donne un aperçu révélateur dans son discours du 7 septembre 1789 qui oppose très clairement gouvernement représentatif et démocratie :

« La France ne doit pas être une démocratie, mais un régime représentatif. Le choix entre ces deux méthodes de faire la loi, n’est pas douteux parmi nous. D’abord, la très grande pluralité de nos concitoyens n’a ni assez d’instruction, ni assez de loisir, pour vouloir s’occuper directement des lois qui doivent gouverner la France ; ils doivent donc se borner à se nommer des représentants. […] Les citoyens qui se nomment des représentants renoncent et doivent renoncer à faire eux-mêmes la loi ; ils n’ont pas de volonté particulière à imposer. S’ils dictaient des volontés, la France ne serait plus cet État représentatif ; ce serait un État démocratique. Le peuple, je le répète, dans un pays qui n’est pas une démocratie (et la France ne saurait l’être), le peuple ne peut parler, ne peut agir que par ses représentants. »
Origine : « Sur l’organisation du pouvoir législatif et la sanction royale », in Les Orateurs de la Révolution française. Les Constituants, Tome I, Paris, Gallimard, 1989, p. 1025 et 1027

L’abbé Sieyès était aussi contre le suffrage universel et pour l’élection par suffrage censitaire, car seuls les citoyens actifs, qui s’enrichissent, méritaient de voter selon lui ; et cet élément à la fois oligarchique, ploutocratique et aristocratique fut introduit dans la première Constitution française du 3 septembre 1791 dont il fut corédacteur.

Créer la confusion (USA milieu du 19ème siècle) en galvaudant ce terme, sa signification et son fonctionnement fut très habile, car comment proposer un fonctionnement totalement différent alors que nous serions soit disant en train de vivre en démocratie ? !!!

Rendons donc à ce terme toute sa signification, proposons et construisons ensemble ce nouveau système politique pour permettre une transition non violente et urgente vers un nouveau fonctionnement. Des trois formes répertoriée par les grecs seule la démocratie n’a pas été essayée depuis bien longtemps.

Oui mais comment ? On part de zéro ? Et que puis-je faire à moi tout.e seul.e ? Et dans un monde globalisé est-ce bien possible ?

Oui beaucoup de question et des doutes émergent de cette possibilité d’espérance, avec des réponses. Il faudra aussi ré-évoquer la servitude volontaire pour avancer plus sereinement (un lien ici pour lire gratuitement le texte de La Boétie).

Certain.es partagent depuis longtemps leurs réflexions sur ce sujet

Les études d’Aristote à Cornelius Castoriadis et Mogens Herman Hansen en passant par Jean-Jacques Rousseau sont très enrichissantes spécifiquement sur les fonctionnements concrets de la première démocratie et leur constitution, au-delà des rejets rapides et contre-productifs voir totalitaire (un prochain article devrait synthétiser ces réflexions et développer la description des fonctionnements historiques).

Nous sommes aptes aujourd’hui à mettre en place un nouveau système politique, et le temps semble vraiment venu de construire ce nouveau modèle basé sur nos acquis :
  • droits humains, sociaux et environnementaux,
  • connaissance historique des fonctionnements d’une réelle démocratie
  • capacités intellectuelles et technologies modernes.

2 réflexions sur “ ! Les bons, les brutes et les truands : la démocratie, la monarchie et l’oligarchie ! ”

  1. Il faudrait qu’on en arrive à une assemblée constituante. Ce sera possible seulement si nous obtenons enfin ce que Hollande avait pourtant promis : Le référendum d’initiative populaire. Cette assemblée Constituante devrait être tirée au sort parmi les nationaux jouissant de leurs droits civiques. Etant donné que le processus constituant est plus long que le jugement d’un justiciable aux Assises, il faudrait, à la différence des jurys d’Assises, donner le droit de refuser d’être tiré au sort, afin que ceux qui accepteraient s’impliquent vraiment. De même que les jurés d’Assises sont assistés par des magistrats professionnels, les Constituants pourraient être assistés par des spécialistes de droit Constitutionnel, pour la cohérence de la rédaction. Ces spécialistes seraient eux-mêmes tirés au sort au sein de leur profession (facs de droit, IEP, etc…). Le débat est immense, qui consiste aussi à décider si on tire au sort des Assemblées Constituantes locales par département, ou par arrondissement, ou par canton, ou par commune, etc.. et comment on remonte ensuite les textes produits vers une Assemblée Constituante Nationale chargée de fédérer le tout. Il faut que les Assemblées Constituantes locales soient très proches du peuple (donc peut-être plutôt commune) afin que le travail final de l’Assemblée Constituante Nationale ait beaucoup plus de chances d’être validé par referendum.

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