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Entretien avec Miguel Benasayag à propos du texte « De la servitude volontaire » d’Etienne de La Boétie

L’objectif principal est de vous donner à lire et/ou à écouter, cet entretien qui préface le texte de La Boétie – De la servitude volontaire – publié par les éditions “Le passager clandestin”.

Ensuite vous trouverez quelques extraits remarqués ; sans plus de détails pour l’instant.

Il faut noter qu’un entretien avec Cornelius Castoriadis, la postface, est en cours de transcription.

Immédiatement ci-dessous un enregistrement sonore, suivi sous sa forme écrite, de l’intégralité de l’entretien de Miguel Benasayag recueilli en juin 2010 par Dominique Bellec, publié par les éditions « Le passager clandestin ».

“De la servitude volontaire”

Etienne de La Boétie

Entretiens avec Miguel Benasayag et avec Cornelius Castoriadis*

Edition “le passager clandestin”

*à venir

Avec nos très sincères remerciements pour la très aimable autorisation de cette maison d’édition indépendante qui publie de nombreux textes alternatifs : www.lepassagerclandestin.fr

Par avance merci d’excuser et d’éventuellement signaler quelques possibles erreurs lors de la transcription écrite, ainsi que lors des ajouts de liens. Merci aussi de signaler votre intérêt.

Vous trouverez le texte original “De la servitude volontaire” en suivant ce lien (cliquez ici).

Entretien avec Miguel Benasayag

Propos recueillis par Dominique Bellec

Résister dans une époque obscure

Peux-tu commencer par nous restituer De la servitude volontaire dans son temps, nous parler de l’auteur et du contexte historique dans lequel il a vécu ?

Le contexte est très important bien entendu, parce que ça fait de La Boétie la mouche blanche, un être vraiment très bizarre dans son temps. Il faut le situer au début du XVIe siècle, en plein essor de l’humanisme (Thomas More, Érasme de Rotterdam, Machiavel). Début 1500, le passage de Dieu à l’homme, pour parler comme Foucault, est un passage de la société dans laquelle le sujet de l’Histoire, le sujet qui agit est Dieu et où l’homme n’est qu’un sujet parmi d’autres ; certes il est central, privilégié, mais ce n’est pas lui le sujet. Et là, en 1500, aboutit un travail historique, culturel et économique très profond et complexe qui avait commencé grosso modo après l’an mille, avec Abélard, le nominalisme, Pétrarque, mais aussi tout le mouvement révolutionnaire cathare, les hérésies

Donc, en 1500 ans, après la conquête de l’Amérique, c’est le moment charnière : l’homme devient sujet, c’est l’émergence de l’homme comme sujet de l’Histoire. Pour Kepler – qui a failli être brûlé pour ces propos -, la seule différence entre Dieu et les hommes, c’est que Dieu connaît tous les théorèmes depuis l’éternité, alors que l’homme ne les connaît pas encore tous. Pas encore, c’est-à-dire qu’il allait les connaître, que l’homme allait devenir Dieu.

Et voilà qu’un tout jeune homme de dix-huit ans vient affirmer qu’en réalité les hommes chérissent et s’attachent à leurs chaînes comme s’il s’agissait de leur liberté : il existe une forme de servitude qui est volontaire. C’est courageux ! Ce sont les Lumières noires. Quelques penseurs un peu dissidents, comme Spinoza ou Leibniz, reprendrons cette idée par la suite. Continuer la lecture de Entretien avec Miguel Benasayag à propos du texte « De la servitude volontaire » d’Etienne de La Boétie

Effondrement Global ou Collapsologie – Explications

Rapidement et de façon très synthétique la collapsologie (de l’anglais collapse = effondrement) est l’étude scientifique de faits, de chiffres, de perspectives souvent historiques et actualisées, annonçant un effondrement global de nos fonctionnements actuels (financier, économique, politique, social, culturel). La collapsologie fait le lien entre différentes disciplines en intégrant aussi l’imaginaire et l’émotion suscités par la prise de conscience de cet état d’effondrement systémique inéluctable.

Les objectifs sont en premier lieu cette prise de conscience, sortir d’un déni au-delà de la connaissance d’éléments, puis mettre en place des pistes pour amoindrir les effets de cet effondrement.

Bien que cet effondrement systémique fut annoncé comme très probable depuis environ 50 ans (« Rapport Meadows » 1972 actualisé et confirmé en 2004 – voir les courbes de ces prévisions dans le modèle « World 3 » en cliquant ici), un nouvel ouvrage « Comment tout peut s’effondrer » par un ingénieur agronome, docteur en biologie, Pablo Servigne accompagné de Raphael Stevens, relance intelligemment ce sujet développé par beaucoup d’autres auteurs ou chercheurs.

La simplicité de Pablo Servigne pourrait séduire davantage que par le passé, d’autant qu’aujourd’hui (et depuis quelques temps) il n’est plus question d’éviter une catastrophe mais de signaler comment la vivre le mieux possible ! D’autant également que nous toutes et tous avons de plus en plus la sensation du rapprochement d’un effondrement, même si beaucoup ne veulent pas s’y intéresser !

Voici donc quelques vidéos choisies pour une (confirmation de votre) prise de conscience, le rappel de nombreux ouvrages, des pistes d’avenir et l’affirmation que nous sommes bien concerné-es !

      • une interview de Pablo d’1h49mn via l’excellent média « Thinkerview » ;

    • une autre plus courte (38 mn) sur Médiapart, ci-dessous ;

    • en voici une plus développée sur le pic pétrolier ou autres pics de matières premières, et sur des pistes diverses (1h08) ;

    • une interview d’Yves Cochet donne ici une définition d’un effondrement global (22 mn)  ;

    • enfin 45 mn de présentation d’Emmanuel Prados (chercheur à l’INRIA) sur le même thème, à voir ci-dessous ;

    • vous en voulez encore ? ! Allez, une vidéo et des aspects plus psychologiques avec Vincent Wattelet qui accompagne Pablo Servigne durant 1h21.

De nombreux obstacles se profilent, avoir conscience d’une imminence de ces derniers, partager ce constat, peut développer les actions,  créer des réseaux d’entraide, mobiliser, se préparer…

Mieux survivre dans les prochaines années semble prioritaire à préparer, tout en partageant des projets pour le monde d’après, espéré.

Philippe Ponge.